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Noms communs : igname sauvage, igname velue, dioscorée.
Noms botaniques : Dioscorea villosa, D. mexicana, D. hirticaulis, D spiculiflora, D. floribunda, D. opposita, et autres espèces de la famille des dioscoréacées.
Nom anglais : Wild Yam.

Parties utilisées : racine et rhizome séchés.
Habitat et origine : plante vivace rampante qu’on trouve Ă  l’Ă©tat sauvage, surtout dans le centre de l’AmĂ©rique du Nord et au Mexique. Diverses espèces du genre Dioscorea (il en existe 600 en tout!) sont Ă©galement prĂ©sentes en AmĂ©rique du Sud et en Asie. Plusieurs variĂ©tĂ©s sont cultivĂ©es pour leurs tubercules comestibles. Les patates douces qu’on trouve dans le commerce (yam en anglais) dans les pays occidentaux appartiennent Ă  la mĂŞme famille botanique.
Posologie de l’igname sauvage

Bien qu’il existe dans le commerce des capsules, des comprimés, des teintures et des crèmes à base d’igname sauvage, aucun résultat d’essai clinique ne justifie les usages suggérés par les fabricants de ces produits (voir la section Recherches).

igname sauvage

igname sauvage

Historique de l’igname sauvage

Au Mexique, l’usage traditionnel de l’igname (Dioscorea mexicana) date du temps des Aztèques. On l’utilisait notamment pour le traitement des rhumatismes et comme analgĂ©sique local. En AmĂ©rique centrale, on s’en servait contre les troubles menstruels et ovariens, ainsi que pour soulager les nausĂ©es de la grossesse, faciliter l’accouchement et prĂ©venir les fausses couches. Au Belize et en Chine, on se sert de l’igname pour soigner les problèmes urinaires. DiffĂ©rentes traditions attribuent Ă  la plante des propriĂ©tĂ©s antispasmodiques, ainsi qu’un effet stimulant sur la production de bile.

Si certains de ces usages persistent au Mexique ainsi qu’en Amérique centrale et du Sud, ce n’est pas le cas dans les traditions médicinales européennes : l’ignamesauvage y est actuellement très peu mentionnée. Ses usages médicinaux n’ont d’ailleurs jamais fait l’objet d’une reconnaissance officielle par les autorités modernes qui se prononcent sur l’herboristerie (la Commission E ou l’ESCOP, par exemple).

En fait, on connaĂ®t plutĂ´t l’igname Ă  cause de son utilisation « moderne ». En effet, dans les annĂ©es 1940, la plante a suscitĂ© beaucoup d’intĂ©rĂŞt lorsque Russell Marker a dĂ©couvert qu’elle Ă©tait riche en diosgĂ©nine et en dioscine. En laboratoire, ces composĂ©s pouvaient assez facilement ĂŞtre transformĂ©s en DHEA, en progestĂ©rone et en oestrogène, des hormones qui, Ă  l’époque, Ă©taient très difficiles Ă  produire. Cette dĂ©couverte a pavĂ© la voie Ă  la fabrication industrielle de la pilule contraceptive.

Depuis le début des années 1990, des suppléments et des crèmes à base d’ignamesauvage (aussi appelée igname velue) sont apparus sur le marché et la confusion règne. En effet, les produits à base d’igname fabriqués de façon naturelle ne peuvent avoir d’effets hormonaux bénéfiques (voir la section Recherches). De plus, certaines crèmes à base d’igname commercialisées aux États-Unis sont présentées par leurs fabricants comme une source naturelle de progestérone, ce qui n’est pas le cas, puisqu’elles sont issues d’une hémisynthèse de la plante faite en laboratoire.

Recherches sur l’igname sauvage

Inefficace MĂ©nopause. Les fabricants de produits Ă  base d’igname sauvage laissent entendre que la plante est une source de progestĂ©rone et de DHEA (dĂ©hydroĂ©piandrostĂ©rone, une hormone stĂ©roĂŻdienne) et qu’elle pourrait donc ĂŞtre utile pour soulager les symptĂ´mes de la mĂ©nopause. Cependant, les experts en phytothĂ©rapie sont loin de cautionner une telle affirmation. S’il est vrai que l’igname a servi de point de dĂ©part pour la production industrielle d’hormones par un procĂ©dĂ© de synthèse, la plante ne peut pas se transformer en progestĂ©rone ou en DHEA dans l’organisme humain.

La seule étude dont on dispose est une étude préliminaire croisée non concluante menée auprès de 23 femmes. Les participantes ont employé, durant 3 mois, une crème à usage topique à base d’extrait d’igname sauvage, dont la teneur en diosgénine était normalisée. Ensuite, elles ont pris, durant 3 autres mois, une crème placebo. On n’a pas relevé de différence notable entre les effets de ces 2 substances ni sur les symptômes de ménopause, ni sur les taux hormonaux.

Divers. Bien des allĂ©gations sont faites au sujet des effets de l’igname sauvage : traitement de l’ostĂ©oporose, stimulation de la fonction sexuelle, augmentation du volume des seins. Toutefois, aucune donnĂ©e scientifique sĂ©rieuse ne justifie ces usages. Bien que plusieurs Ă©tudes sur les animaux indiquent que l’igname peut faire baisser les taux de lipides sanguins, les donnĂ©es sur les humains sont très anecdotiques2.

L’igname comme aliment

Les rĂ©sultats d’un essai prĂ©liminaire menĂ© en 2005 auprès de 22 Taiwanaises mĂ©nopausĂ©es indiquent que la consommation quotidienne de 390 g de racines d’une igname cultivĂ©e (Dioscorea alata dans ce cas – grande igname ou igname ailĂ©e) a sensiblement amĂ©liorĂ© leur taux d’hormones sexuelles et de lipides sanguins. Ce rĂ©gime alimentaire procurerait Ă©galement des quantitĂ©s apprĂ©ciables d’antioxydants. Selon les rĂ©sultats du mĂŞme essai, la patate douce, une autre espèce d’igname cultivĂ©e, ne produirait pas de tels effets3.

Précautions
Attention
Les Ă©tudes toxicologiques sont insuffisantes pour Ă©tablir l’innocuitĂ© des extraits d’igname en cas de grossesse ou d’allaitement.
Contre-indications
Aucune connue.
Interactions
Avec des plantes ou des suppléments
Aucune connue.
Avec des médicaments
Aucune connue. Au cours d’essais sur des animaux, l’ignamesauvage a fait baisser les taux de lipides sanguins. Cet effet pourrait donc théoriquement s’ajouter à ceux de médicaments utilisés pour faire baisser les taux de cholestérol et de triglycérides sanguins.
Sur les tablettes

On a accusĂ© des fabricants peu scrupuleux d’avoir ajoutĂ© de la progestĂ©rone Ă  leurs crèmes « naturelles » Ă  base d’igname. On ignore si ces allĂ©gations ont un fondement. Selon la SociĂ©tĂ© des obstĂ©triciens et gynĂ©cologues du Canada, « les crèmes contenant de l’igname velue n’ont aucun effet hormonal, Ă  moins que de l’oestrogène ou de la progestĂ©rone synthĂ©tique n’y ait Ă©tĂ© ajoutĂ©. Les plantes ne produisent pas de cholestĂ©rol, qui est nĂ©cessaire Ă  la crĂ©ation d’hormones stĂ©roĂŻdes »4.
À noter que des crèmes à base d’igname commercialisées aux États-Unis sont en fait issues d’une hémisynthèse de la plante faite en laboratoire : leurs fabricants les présentent comme une source naturelle de progestérone, ce qui n’est pas le cas. Aux États-Unis, de tels produits sont offerts en vente libre parce qu’on les considère comme des suppléments alimentaires. Au Canada, la progestérone est vendue sur ordonnance médicale, quelle que soit sa source.


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