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Très connue du public, la DHEA a été la star de l’anti-vieillissement en 2000. Avec des effets mesurés scientifiquement, elle n’est cependant pas la panacée anti-âge que l’on a cru. Alors, utile ou pas ?

Que reste-t’il de la DHEA en 2016 ? Le Pr Etienne Beaulieu a découvert cette hormone puis démontré ses effets contre le vieillissement (étude DHEAge en 2000). Après que les médias l’aient largement mise en avant comme « pilule de jeunesse éternelle », est-elle tombée dans l’oubli aujourd’hui ?

La DHEA hormone ou précurseur hormonal ?

La DiHydroEpiAndrostènedione est produite naturellement par notre corps par nos glandes surrénales. Elle est le précurseur des hormones testostérone, progestérone et oestrogènes.

Les effets de la DHEA

On a longtemps pensé qu’elle n’avait aucun effet sur l’organisme mais servait seulement à se transformer en hormones sexuelles. Elle aurait donc été un simple précurseur hormonal. Or, le Pr Beaulieu avait démontré que la DHEA avait aussi sa propre action hormonale, même si les effets restaient modérés.

Peu après, l’Afssaps (Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé) a jugé les preuves d’efficacité de la DHEA insuffisantes et déconseillé son usage au vu des effets indésirables potentiels.

La DHEA a, quand même, été classée dans les substances dopantes pour les sportifs en raison de son effet anabolisant sur les muscles. Ce qui parait un peu contradictoire…

La DHEA un anti cancer et un anti âge naturel bio puissant

La DHEA un anti cancer et un anti âge naturel bio puissant

L’étude DHEAge avait montré des effets intéressants, surtout chez les femmes de plus de soixante-dix ans : augmentation de la densité des os, augmentation de la libido, peau et qualité de vie améliorées. Pour les hommes, la DHEA aurait une action légère contre les troubles de l’érection. Les effets varient beaucoup d’un sujet à l’autre (avec la même dose quotidienne apportée).

La baisse de DHEA en vieillissant

Comme beaucoup d’hormones et comme toutes les hormones sexuelles, la production de DHEA diminue avec l’âge. A la soixantaine, les taux sanguins sont bien plus bas qu’à 20 ans : parfois moins de 20% de taux résiduel.

On sait aujourd’hui que la baisse du taux de DHEA est très variable d’une personne à l’autre. Ceci explique peut-être la variabilité des résultats de l’étude DHEAge, certaines personnes nécessitant des doses plus élevées.

DHEA et cancers hormono-dépendants

S’agissant d’une hormone qui peut se transformer en œstrogènes ou en testostérone, il parait logique de s’abstenir chez les personnes atteintes de cancers hormono-dépendants et chez les personnes à haut risque (utérus, ovaires, sein, prostate).

Cependant, ce risque n’a pas pu être prouvé (des études sur des prises quotidiennes pendant 2 ans ont été faites). Notons aussi que plusieurs études sur l’animal montreraient, au contraire, des possibles effets anticancéreux.

Effets indésirables et contre-indications

Elle est contre-indiquée chez les femmes enceintes, celles qui allaitent et chez les enfants.

Selon le Vidal, les effets indésirables pourraient être : fatigue, hypertension, maux de ventre, diabète ou acné et, chez les femmes parfois, une augmentation de la pilosité.

On peut se poser deux questions :

– s’il s’agit d’un précurseur hormonal inefficace, comment peut-il entraîner des troubles hormonaux androgéniques (pilosité, acné) ?

– d’un autre côté, pourquoi une hormone naturellement présente dans notre corps pourrait-elle être dangereuse pour des gens qui en manquent si l’on ne dépasse pas les taux sanguins normaux ?

Aucun effet secondaire sérieux n’a, en fait, été rapporté dans la littérature mondiale.

D’ailleurs, selon le rapport de l’AFSSAPS :

Dans une étude de toxicité chronique (chez le chien, 6 mois) il n’y a pas de signe toxique majeur en dehors de ceux attendus avec des dérivés stéroïdes hormonaux, apparaissant à des doses de l’ordre de 1500 mg/kg/j (soit plus de 30 fois les doses utilisées habituellement).
Des effets confirmés à nouveau ?

Les médecins « anti-âge » ont une vision particulière des choses : ils pensent qu’en maintenant des fonctions hormonales à un niveau correct, on diminue les troubles liés au vieillissement et on améliore la vitalité générale.

Depuis le rapport français de l’Afssaps, de l’eau a coulé sous les ponts mais des chercheurs étrangers n’en sont pas restés là. Diverses études existent (japonaises, chinoises, américaines, suisses…) montrant à nouveau des effets positifs de la DHEA :

augmentation de la force et de la masse musculaire
augmentation de la densité osseuse
amélioration de la sècheresse vaginale à la ménopause (par voie locale)
augmentation de l’hormone de croissance (6 à 12%)
augmentation de la testostérone libre chez l’homme de la cinquantaine…
Ceci dit, il ne faut pas crier au miracle et les effets sont souvent plus marqués après 70 ans.

En pratique

Certains médecins pensent que rétablir des taux de DHEA de la jeunesse ne peut qu’avoir des effets positifs sur les troubles liés au vieillissement. Aux USA, la DHEA est en vente libre, classée en complément alimentaire.

En France, les autorités ont jugé que ce produit, même s’il ne montre pas de critères de dangerosité, a des effets sur les troubles de l’âge très modérés. Alors qu’on ne sait pas si un risque de favoriser les cancers hormonaux existe, l’Afssaps ne justifie donc pas son usage.

Que penser alors ? L’avis de l’Afssaps étant fondé sur des incertitudes, est-il pertinent (si ce n’est au regard du principe de précaution) ?

Comme toujours, il n’y a pas de réponse absolue. Prendre systématiquement de la DHEA en vieillissant ne semble pas justifié. En revanche, pourquoi se priver des améliorations qu’elle peut apporter à certains sur les troubles liés au vieillissement ? Cela peut valoir le coup d’essayer.

Dans tous les cas, prendre de la DHEA soi-même, sans dosage biologique préalable est un non-sens.
Une mesure des taux sanguins préalables est nécessaire à une bonne adaptation des doses à prendre. Un avis médical est largement souhaitable. La prescription par médecin est d’ailleurs obligatoire en France.

Le médecin, au vu des résultats d’analyse et des symptômes présentés par le sujet décidera si un essai de traitement est souhaitable puis il ajustera les doses en fonction des résultats.

La médecine anti-âge n’en est qu’à ses débuts et nous en apprendrons certainement encore sur la DHEA dans l’avenir.


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Dans l’utilisation d’hormones, tout est question de savoir de quelle supplĂ©mentation spĂ©cifique vous pouvez avoir besoin et de respecter les doses. LES HORMONES A DOSAGE ÉQUILIBRÉ NE PRÉSENTENT PAS DE RISQUE POUR LA SANTÉ.

La DHEA Ă©tant une hormone sĂ©crĂ©tĂ©e naturellement, aucun effet secondaire notable n’a Ă©tĂ© remarquĂ©. Toutefois les doses supĂ©rieures Ă  500 mg par jour sont dĂ©conseillĂ©es. Pourtant, les hormones ont mauvaise presse. L’engouement actuel pour la DHEA n’empĂŞche pas que de nombreuses personnes se reprĂ©sentent encore le recours aux hormones comme “dangereux”. A quoi cela tient-il ?

Tout d’abord Ă  l’abus d’hormones dans l’industrie agroalimentaire ainsi qu’Ă  l’usage, avĂ©rĂ© dangereux, d’hormones prĂ©levĂ©es sur des cadavres humains pour traiter les problèmes de croissance (pratique aujourd’hui totalement abolie). Ensuite Ă  la persistance du mythe selon lequel l’usage d’hormones provoquerait le cancer. Celui-ci repose sur la mĂ©comprĂ©hension de certaines donnĂ©es scientifiques. Voici les faits :

La somatomĂ©dine C (qui est l’agent d’exĂ©cution pour l’hormone de croissance) prolonge en laboratoire la durĂ©e de vie des cellules malignes aussi bien que des cellules immunitaires. Mais cette mĂŞme somatomĂ©dine C renforce, dans l’organisme, l’activitĂ© des cellules immunitaires tueuses des cellules cancĂ©reuses.

L’oestradiol utilisĂ© seul augmente effectivement le risque de cancer de l’utĂ©rus. Cet effet indirect est facilement contrebalancĂ© par l’utilisation complĂ©mentaire d’une dose suffisante de progestĂ©rone. Il semble enfin que le cancer de la prostate, lorsqu’il est dĂ©clarĂ©, soit accentuĂ© par l’imprĂ©gnation d’hormones mâles. NĂ©anmoins aucune Ă©tude scientifique Ă©pidĂ©miologique ne prouve l’existence d’un lien entre androgènes (comme la testostĂ©rone) et l’apparition elle-mĂŞme du cancer de la prostate. Bien au contraire, un taux normal d’androgènes semble aider Ă  en prĂ©venir l’apparition.

Comment s’expliquent les rĂ©ticences du corps mĂ©dical Ă  l’Ă©gard des hormones et de la DHEA ?

Laissons la parĂ´le Ă  deux des spĂ©cialistes internationaux les plus reconnus dans le domaine des hormones (Dr Hertogue et Nabet, “DHEA, l’hormone du mieux vivre”, Presses du Châtelet) : “En affirmant qu’il est prĂ©maturĂ© de traiter, qu’il faut attendre que plus d’expĂ©riences soient pratiquĂ©es et que le rĂ©sultat de ces Ă©tudes soient confirmĂ©s, les mĂ©decins jouent la prudence et veulent Ă©viter de donner de mauvais conseils au public. C’est tout Ă  leur honneur ! Mais c’est oublier que le temps court et qu’une tranche de la population ne pourra pas profiter de ces Ă©tudes. Il a fallu plus de cinquante ans pour que le traitement de la mĂ©nopause par hormones fĂ©minines soit “pleinement” acceptĂ© par le corps mĂ©dical. RĂ©sultat ? Soixante dix ans après les premiers traitements aux oestrogènes (Ă  l’oestrone plus particulièrement), moins de 20 % des femmes europĂ©ennes en bĂ©nĂ©ficient ! Ces mĂ©decins bien intentionnĂ©s n’ont pas toujours eu le temps de consulter les nombreuses Ă©tudes dĂ©jĂ  effectuĂ©es sur la DHEA… depuis les annĂ©es 40 !”

LA DHEA, UNE FONTAINE DE JOUVENCE

LA DHEA, UNE FONTAINE DE JOUVENCE

Y a t-il des contre-indications Ă  la prise de DHEA ?

La DHEA est dĂ©conseillĂ©e aux enfants et adolescents, aux femmes enceintes ou allaitantes, aux personnes souffrant d’une hypertrophie bĂ©nigne ou d’un cancer de la prostate, et aux femmes souffrant d’un cancer du sein ou des ovaires. Concernant le cancer, il est Ă  noter toutefois que la DHEA n’est pas un facteur dĂ©clenchant de la maladie, mais peut ĂŞtre un facteur aggravant.

Quel est le rĂ´le de la DHEA vis-Ă -vis du cancer de la prostate ?

Aucune Ă©tude ne permet d’estimer que la prise quotidienne de DHEA augmenterait le risque de cancer de la prostate. Le taux de la PSA (Protat Specific Antigen), un marqueur de cancer de prostate dans le sang, n’est pas influencĂ© par le taux de DHEA sulfate ni par celui de ses mĂ©tabolites, comme la testostĂ©rone. Peut-on, pour autant, prendre de la DHEA si l’on est atteint d’un cancer de la prostate ? En l’absence d’Ă©tudes vraiment complètes, la prudence reste aujourd’hui de mise. La prise de DHEA devra ĂŞtre soigneusement monitorĂ©e en fonction de l’Ă©volution du taux de PSA.

La DHEA fait-elle grossir ?

La prise de DHEA ou d’autres traitements hormonaux ne font pas grossir, bien au contraire ! Ces traitements permettent de rĂ©duire les tissus adipeux et de raffermir les muscles.

Le traitement Ă  la DHEA peut-il provoquer de l’acnĂ© ?

Une apparition d’acnĂ©e, des cheveux plus gras doivent inciter Ă  diminuer la dose, non Ă  arrĂŞter le traitement. Toutefois, “La corrĂ©lation entre la sĂ©vĂ©ritĂ© de l’acnĂ© et le taux de la DHEA sulfate ou d’un autre androgène est le plus souvent faible, si bien que d’autres causes (alimentaires surtout), en association avec un taux d’androgènes Ă©levĂ©s, doivent ĂŞtre cherchĂ©es avant tout. Une diĂ©tĂ©tique soucieuse d’Ă©viter les produits laitiers (mĂŞme le yaourt ; prenez plutĂ´t des comprimĂ©s de calcium pour le calcium) et les sucreries (surtout le chocolat) permet gĂ©nĂ©ralement d’Ă©viter l’acnĂ© chez un sujet suivant un traitement Ă  la DHEA.” (Dr Hertogue & Nabet : “DHEA, l’hormone du mieux vivre”, p 94-95).